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Circulaire DHOS/P2/ n° 2001-354 du
18 Juillet 2001 relative à l'application du programme
"nouveaux emplois - nouveaux emplois" dans le secteur sanitaire, social
et médico-social public
La circulaire CDE 97/25 du 24 octobre 1997, relative au développement
d'activités pour l'emploi des jeunes, a été complétée
par la circulaire DAS/DH/DPM/DGS/DIRMI n° 98/90 du 12 février
1998 portant sur la mise en oeuvre du programme «nouveaux services-nouveaux
emplois» dans les secteurs sanitaire et social et son articulation
avec les politiques d'insertion.
Ces textes ont entendu impulser la dynamique du programme dans les champs
sanitaire et social, en favorisant la mise au point de projets qui ouvrent
des perspectives professionnelles pour les jeunes et contribuent à
l'accompagnement social des intéressés.
Le dispositif s'est articulé de façon cohérente
avec la politique hospitalière, les établissements définissant
leurs besoins et proposant aux jeunes des emplois qui correspondent, en
priorité, à une activité nouvelle non assurée
ou partiellement assurée, et non à un poste existant.
Il a été prévu que les missions relevant de ces
nouveaux emplois n'interfèrent pas avec les professions réglementées
et que les employeurs se préoccupent de la formation et de la qualification
des jeunes ainsi que de la pérennisation des activités.
Les dotations régionales ont été abondées
pour aider les établissements sanitaires, sociaux ou médico-sociaux
à compléter la rémunération des jeunes ou
à assurer les actions de formation nécessaires à
leur intégration dans le monde professionnel.
Après trois ans de mise en oeuvre du programme, un bilan relatif
au secteur sanitaire peut être présenté et des orientations
données en conséquence :
I- LE BILAN PROPRE AU SECTEUR SANITAIRE
1.1. Le suivi quantitatif
Sur la base d'une enquête renseignée trimestriellement à
partir des sources CNASEA, le dispositif, après un démarrage
lent, a connu une montée en charge progressive :
• Au 30 juin 1998, le flux cumulé d'embauchés dans les
établissements s'élevait à 590.
• Au 30 juin 1999, ce flux était passé à 3040.
• Au 30 juin 2000, il représentait 5843.
• Au 30 juin 2001, il est de 7866.
Le flux doit cependant être tempéré par l'incidence
des mouvements d'entrée et de sortie des jeunes dans le dispositif.
Ainsi, 5 800 jeunes sont effectivement présents dans les hôpitaux
au 30 juin 2001.
1.2. Le suivi qualitatif
La Direction de l'Hospitalisation et de l'Organisation des Soins (DHOS)
a lancé, au second semestre 1999 une étude relative aux
activités et métiers émergents confiés aux
jeunes dans les établissements publics de santé, achevée
au second semestre 2000.
La méthodologie utilisée a permis, après enquête
déclarative auprès des ARH, DRASS, DDASS, DDTEFP, de disposer
d'un panorama qualitatif des emplois-jeunes dans les hôpitaux. Ce
panorama a été complété par des entretiens
menés auprès d'un échantillon d'établissements
et par des études de cas approfondies, ainsi qu'une enquête
auprès des jeunes.
Il en résulte deux types significatifs d'activités exercées
dans les hôpitaux par les jeunes bénéficiaires du
programme: les activités à dominante humaniste et les activités
à dominante technique.
1.2.1. – Les activités à dominante humaniste
Ces activités sont exercées par le plus grand nombre de
jeunes. Elles développent une approche humaniste de l'hôpital,
avec une prise en compte de la dimension relationnelle dans l'aide apportée
à la personne hospitalisée. Il s'agit d'améliorer
la qualité de vie des patients en privilégiant leur accueil
à l'entrée dans l'établissement, un accompagnement
et une animation durant le séjour, un soutien lors de leur sortie
de l'hôpital.
Au regard des métiers existants déjà dans l'hôpital,
ces activités ne sont pas véritablement nouvelles mais elles
ne se manifestaient antérieurement que de façon parcellaire
et sporadique. Le dispositif «nouveaux services, nouveaux emplois»
a eu pour mérite de concentrer et d'élargir des tâches
jusque là émiettées. C'est une réponse spécifique
et complémentaire à celle apportée par les soignants.
Elle favorise une écoute personnalisée, de proximité,
dispensée par des personnels disponibles pour assurer des prestations
utiles aux actes quotidiens de la vie des personnes à l'hôpital.
Ainsi, les jeunes ont été recrutés par l'intermédiaire
de l'ANPE, avec une qualification limitée, de niveau 5 (BEP, CAP)
; en termes de professionnalisation, ils ont bénéficié
de formations d'adaptation à l'emploi ou au milieu hospitalier,
dispensées en interne par l'employeur.
1.2.2. – Les activités à dominante technique
Ces activités sont originales ou innovantes. Elles constituent
une réponse aux besoins institutionnels des établissements,
par recours à des qualifications nouvelles pour faire face à
des évolutions réglementaires ou socio-économiques.
Trois catégories apparaissent :
- les activités liées aux nouvelles technologies de l'information
;
- les activités liées à la communication, la culture
et à l'évaluation de la satisfaction des usagers ;
- les activités liées à la sécurité
sanitaire et au contrôle de la qualité.
Comme pour les activités à dominante humaniste, le recrutement
des jeunes s'est opéré par l'intermédiaire de l'ANPE
mais les exigences en termes de qualification ont été beaucoup
plus importantes (au minimum, bac+2).
1.2.3. - La synthèse de l'étude
La synthèse de l'étude montre donc que deux gammes d'emplois-jeunes
se distinguent dans les établissements publics de santé
:
- une gamme majoritaire,
recouvrant des emplois peu qualifiés exercés à la
marge des métiers de l'hôpital ;
- une gamme plus
réduite d'emplois qualifiés, exercés dans des secteurs
stratégiques pour les établissements.
Les établissements ont porté une attention particulière
au choix des activités, à la définition des profils
de postes et utilisé un mode de recrutement et de sélection
très rationnels.
L'étude a également fait apparaître, concernant les
modalités de professionnalisation des jeunes, que, si les formations
d'adaptation se sont effectuées principalement sur le terrain,
les formations en cours d'emploi s'avèrent peu nombreuses et se
heurtent à un obstacle de financement, tenant notamment aux particularités
attachées au contrat des jeunes, relevant du droit du travail dans
un environnement de droit public. Ce facteur de blocage s'oppose à
un développement de la formation des jeunes dès lors qu'il
s'agit notamment de payer des frais pédagogiques à un organisme
de formation. Ainsi, l'étude montre que les politiques de formation
ne semblent pas avoir été à la hauteur de l'importance
accordée aux nouveaux emplois et à leur utilité réelle
au sein des hôpitaux. Par ailleurs, il a été observé
que les établissements ont connu des difficultés pour rechercher
des financements susceptibles de promouvoir une politique de formation
adaptée aux besoins des jeunes. Il apparaît aussi que la
construction de référentiels des activités confiées
aux jeunes n'a pas été facilitée par l'évolution
sensible du contenu des postes au cours du temps.
Il - ORIENTATIONS DESTINEES A FAVORISER LA POURSUITE DU
PROGRAMME
Le protocole du 14 mars 2000 signé entre le Gouvernement et six
organisations syndicales représentatives du personnel hospitalier
a entendu engager la professionnalisation des nouveaux emplois à
l'hôpital ; il a, à cet effet, souligné que ces emplois
ont été créés pour favoriser l'émergence
de nouveaux métiers et que les jeunes qui les occupent ont vocation
à accéder à la fonction publique hospitalière.
Le protocole a expressément mentionné deux types de mesures,
l'une visant la publication prochaine de dispositions facilitant la validation
des acquis professionnels dans le cadre du projet de loi de modernisation
sociale, actuellement en cours de discussion devant le Parlement, qui
intéresseront en priorité les bénéficiaires
des nouveaux emplois ; l'autre consistant à mobiliser le fonds
social européen pour la professionnalisation des jeunes à
hauteur de 20 millions de francs, dans le cadre de conventions entre les
préfets de région et l'Association Nationale pour la Formation
des personnels Hospitaliers (ANFH), au titre de la programmation 2000-2006.
Ce principe n'exclut pas, en cas de besoin spécifique, la signature
d'une convention entre un préfet de région et un établissement.
La réussite de cette opération nécessite en effet
l'implication des différents services de l'Etat en collaboration
avec les établissements et l'ANFH.
2.1. Le recours au fonds social européen
Le recours au fonds social européen (FSE) a été
désigné comme l'un des moyens d'engager la professionnalisation
des jeunes exerçant dans les établissements publics de santé,
médico-sociaux et sociaux tels que définis à l'article
2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires
relatives à la fonction publique hospitalière.
Le fonds social européen intervient toujours en additionnalité
et en complément de financeurs publics français (Etat, collectivités
territoriales, agences régionales de l'hospitalisation, établissements.
notamment).
Le taux d'intervention du FSE est fixé par le document unique
de programmation objectif 3 («moderniser les politiques d'éducation,
de formation et d'emploi ») et son complément de programmation
est de 40 % sur la mesure 7 relative notamment à la professionnalisation
des bénéficiaires d'un contrat «nouveaux services-nouveaux
emplois». En ce qui concerne l'objectif 1 («aide au développement»),
il est fixé par les documents uniques de programmation et compléments
de programmation de chacune des régions concernées (Corse,
Guadeloupe, Réunion, Martinique, Guyane).
Les types d'actions envisagées au bénéfice du jeune
(bilan professionnel, validation des acquis professionnels, actions de
formation) sont recensées dans l'accord cadre signé entre
la ministre de l'emploi et de la solidarité et l'ANFH.
Dans le cadre du montage financier de actions, la partie de la rémunération
financée par l'Etat ne peut être prise en compte dans l'assiette
éligible. En outre, notamment dans la perspective d'études
promotionnelles débouchant sur l'accès aux diplômes
ou certificats du secteur sanitaire et social dont la liste est fixée
par arrêté ministériel, l'intervention du FSE ne peut
se substituer à la rémunération versée par
l'Etat.
L'instruction DGEFP n° 2000/14 de la Ministre de l'emploi et de la
solidarité en date du 30 mai 2000 a encouragé la conclusion
d'accords-cadres entre les organismes paritaires collecteurs agréés
(OPCA) et l'Etat, pour définir les objectifs en faveur de la professionnalisation
des jeunes.
C'est pourquoi, compte tenu de la place de l'ANFH dans le secteur sanitaire,
social et médico-social public, du paritarisme de sa gestion et
de son rôle majeur de collecteur des fonds de formation, il est
apparu important de l'impliquer dans ce mouvement, en tenant compte de
sa spécificité et de son implantation en région,
ce qui en fait un vecteur de diffusion vers le milieu hospitalier, social
et médico-social public.
Ainsi, le principe d'un accord-cadre national entre l'ANFH et le Ministère
de l'emploi et de la solidarité a été envisagé
et la proposition adoptée par le Conseil d'administration de l'ANFH
lors de sa séance du 14 décembre 2000.
Les objectifs de l'accord-cadre national (cf. annexe 1) en matière
de professionnalisation sont doubles :
Ø pour les bénéficiaires
d'un contrat « nouveaux services-nouveaux emplois », les dossiers
soumis à agrément porteront notamment sur :
- la réalisation
d'actions de formation facilitant l'accès aux corps et emplois
de la fonction publique hospitalière;
- l'accès
à la validation des acquis professionnels pour les personnes employées
ayant l'ancienneté professionnelle nécessaire pour accéder
aux diplômes visés à cet effet par la législation
;
- l'accès
au bilan professionnel pour les jeunes employés dans le cadre du
dispositif « nouveaux services - nouveaux emplois » ;
- l'accès
à toute action de formation contribuant à leur adaptation
à l'emploi et à leur professionnalisation.
Ø pour les établissements :
L'accord-cadre national permettra :
- d'informer et
conseiller les établissements publics de santé et les établissements
sociaux et médico-sociaux publics qui ont signé une convention
avec l'Etat dans le cadre du programme « nouveaux services - nouveaux
emplois » sur les différentes actions pouvant conduire à
la professionnalisation des jeunes recrutés.
- de leur apporter
l'ingénierie nécessaire au montage des dossiers d'adaptation
à l'emploi et de professionnalisation qui pourront, dans le cadre
du dispositif « nouveaux services - nouveaux emplois », faire
l'objet d'une convention d'application avec le préfet de région.
L'ANFH s'engage en outre à :
- renforcer l'information
auprès des établissements et des jeunes sur les actions
qui favorisent la professionnalisation des emplois dans le secteur ;
- apporter son
concours aux établissements dans le montage administratif, financier
et pédagogique pour la formation des jeunes bénéficiaires
de la mesure et à rechercher des partenariats, en particulier avec
les Conseils régionaux, les Agences régionales de l'hospitalisation,
les autres collectivités locales, notamment les conseils généraux
;
- accompagner le
développement du dispositif en informant et formant les responsables
hospitaliers et ceux du secteur social et médico-social public
;
- assurer le suivi,
la coordination de l'opération ainsi que le traitement des informations
statistiques et des indicateurs associés.
L'ANFH apportera une aide particulière en ce qui concerne les
actions entreprises par les petites structures et les projets visant la
professionnalisation des jeunes de premier niveau de qualification.
L'ANFH déclinera l'accord-cadre national au niveau régional,
au sein de chacune de ses délégations régionales,
en y associant l'ensemble des acteurs concernés, notamment les
conseils régionaux et les conseils généraux pour
ce qui concerne les établissements publics sociaux et médico-sociaux.
Les établissements sont partenaires à part entière
de cette démarche, qui permet de solliciter plusieurs financeurs
publics (Etat, collectivités territoriales, Agences régionales
de l'hospitalisation notamment) et le fonds social européen.
2.2. La consolidation du programme « nouveaux services - nouveaux
emplois »
Afin de favoriser la consolidation du programme, les précisions
complémentaires suivantes sont données :
Ø la circulaire DHOS-0-F2/DGS/DSS-1A/2000
n° 603 du 13 décembre 2000, relative à la campagne budgétaire
pour 2001 des établissements sanitaires financés par dotation
globale indique, dans son point 2.1.1., concernant la composition et la
gestion des dotations régionales de dépenses hospitalières,
que, s'agissant de l'emploi des jeunes, seront non seulement privilégiées
la création de postes mais également les actions de formation
des jeunes, notamment dans la perspective de l'accord-cadre national signé
entre le Ministère de l'emploi et de la solidarité et l'ANFH.
L'effort devra être relayé par les établissements
qui y seront aidés par les financements intégrés,
au titre de l'emploi des jeunes, dans les dotations régionalisées
de dépenses hospitalières pour 2001.
Ø Dans cette même perspective,
la loi n° 2000-1257 du 23 décembre 2000 de financement de la
sécurité sociale pour 2001, créé, dans son
article 40, un fonds pour la modernisation sociale des établissements
de santé, géré par la Caisse des dépôts
et consignations. Ce fonds finance des actions d'amélioration des
conditions de travail des personnels des établissements de santé
et d'accompagnement social de la modernisation des établissements
de santé.
A ce titre, il participe à des actions de modernisation sociale,
notamment celles figurant dans le volet social des contrats d'objectifs
et de moyens, et à des aides individuelles destinées à
favoriser la mobilité et l'adaptation des personnels des établissements
engagés dans des opérations de recomposition et de modernisation.
Ainsi, s'ils s'inscrivent dans de telles opérations, les projets
relatifs à la professionnalisation et à la pérennisation
des jeunes et de leurs emplois peuvent être éligibles à
un financement par le fonds.
Ø Enfin, la loi n° 2001-2
du 3 janvier 2001 relative à la résorption de l'emploi précaire
et à la modernisation du recrutement dans la fonction publique,
a prévu, dans son titre II, portant dispositions relatives à
la modernisation du recrutement, à l'article 19, la modification
de l'article 29 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986:
/ - Le 1 ° est complété par un alinéa ainsi
rédigé :
«Lorsqu'une condition de diplôme est requise, les candidats
disposant d'une expérience professionnelle conduisant à
une qualification équivalente à celle sanctionnée
par le diplôme requis peuvent, lorsque la nature des fonctions le
justifie, être admis à se présenter à ces concours.
Un décret en Conseil d'Etat précise la durée de l'expérience
professionnelle prise en compte en fonction de la nature et des diplômes
requis».
II-Le même article est complété par un 3° ainsi
rédigé :
« 3° -En outre, pour l'accès à certains corps
et dans les conditions fixées par leur statut particulier, des
concours réservés aux candidats justifiant de l'exercice
pendant une durée déterminée d'une ou plusieurs activités
professionnelles ... peuvent être organisés. La durée
de ces activités ...ne peut être prise en compte que si les
intéressés n'avaient pas, lorsqu'ils les exerçaient,
la qualité de fonctionnaire ...ou d'agent public. Les statuts particuliers
fixent la nature et la durée des activités requises, ainsi
que la proportion des places offertes à ces concours par rapport
au nombre total des places offertes pour l'accès par concours aux
corps concernés».
Ces diverses dispositions, à des degrés divers et selon
des modalités appelées à être définies,
s'inscrivent dans la perspective de favoriser la professionnalisation
puis la pérennisation des bénéficiaires du programme
« nouveaux services - nouveaux emplois ».
Dans le même souci, un document comportant des précisions
juridiques relatives au programme a été établi par
la DHOS, afin de répondre à des interrogations des jeunes
et des employeurs (cf. annexe 2).
Vous voudrez bien me tenir informé des difficultés que
vous pourriez rencontrer à l'occasion de la mise en oeuvre de l'ensemble
de ces dispositions.
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