|
Circulaire du Ministère de L'Education
Nationale n°98-069 du 30 mars 1998 relative à la formation
des aides éducateurs
( Bulletin Officiel de l'Education Nationale n°15 du 9 avril
1998)
Objet : Formation des aides éducateurs.
Références : Art. L.322-4-18 du Code du Travail; Art. 6. alinéa
/ du D. n° 97-954 du 17-10-1997 et les conventions de développement
d'activités pour l'emploi des jeunes passées pour son application.
Texte adressé aux recteurs d'académie; au directeur de l'Académie
de Paris.
Conformément aux dispositions susvisées, l'Etat peut participer
à l'effort de formation des EPLE en faveur des aides-éducateurs.
À cette fin je vous demande de mettre en oeuvre les mesures suivantes.
I - L'entretien de bilan
La circulaire du 16 décembre 1997 a prévu que tous les jeunes
ont droit à un entretien de bilan dans les six mois suivant leur
recrutement. Cet entretien a pour but de faire le point sur la situation
du jeune (niveau universitaire, expériences personnelles et professionnelles).
L'entretien de bilan, comme l'a déjà indiqué une
note DESCO A8 du 14 janvier 1998, ne saurait être assimilé
à un bilan de compétences. Il s'agit d'une procédure
plus légère, à l'issue de laquelle peut être
dégagé un projet de professionnalisation et de formation.
La durée de l'entretien de bilan peut naturellement être
abrégée, s'il apparaît que les projets du jeune sont
suffisamment arrêtés et réalistes. La procédure
doit au contraire être approfondie si le jeune ne formule aucun
projet, ou si les projets initialement mis en avant semblent superficiels
ou irréalisables. L'entretien constitue alors le point de départ
d'un processus visant à permettre au jeune de définir son
projet.
Conformément à la note DESCO A8 du 10 février 1998,
vous fournirez aux ministres une synthèse chiffrée permettant
de connaître le nombre et certains aspects du contenu des entretiens
de bilan. Une première remontée était prévue
pour le 15 février 1998 ; il convient, pour les rectorats qui n'ont
pas encore répondu, de régulariser rapidement la situation.
Une seconde remontée vous est demandée pour le 30 avril
1998.
II - La validation du projet de formation
La formation est prise en charge par l'employeur. Il vous appartient
donc de veiller à ce qu'elle serve bien à conduire les bénéficiaires
de celle-ci à un emploi durable, dans le secteur public et le secteur
privé. À cette fin, vous prendrez notamment en compte :
- la formation initiale du jeune ;
- les caractéristiques de l'emploi que celui-ci occupe ;
- les possibilités de validation des acquis professionnels.
Vous prendrez également l'avis du chef de l'EPLE-employeur, et
le cas échéant de l'IEN et du directeur de l'école
où est affecté l'aide éducateur.
Vous veillerez à écarter les projets manifestement irréalistes.
Lorsque le jeune a déjà subi un échec à
l'examen ou au concours qu'il envisage, vous apprécierez si une
nouvelle tentative constitue un projet réaliste. Dans l'hypothèse
où vous accepteriez le projet, il vous appartiendra d'attirer l'attention
du jeune sur la nécessité d'envisager une solution alternative,
dans l'éventualité d'un nouvel échec.
La validation des projets de formation et de professionnalisation doit
également tenir compte de l'état prospectif des débouchés
professionnels au niveau régional. La formation doit en principe
être diplômante. J'attire votre attention sur l'intérêt
que peuvent présenter, pour un bon nombre d'aides-éducateurs,
des filières professionnalisées à bac + 2. Il conviendra,
à cet égard, d'inviter les établissements d'enseignement
supérieur à innover, en favorisant, chaque fois que possible,
la mise en place de diplômes qui pourront prendre en compte, au
titre de la validation des acquis professionnels, les fonctions exercées
en qualité d'aide éducateur. De même pourra-t-il être
utile d'inviter les IPAG à proposer des préparations aux
concours de catégorie B. À titre exceptionnel, pour des
aides-éducateurs disposant déjà d'un diplôme
professionnel reconnu, la formation pourra se limitera un complément.
II vous appartient en effet de tirer parti du fait que l'acquisition d'une
première expérience professionnelle, comme celle que vont
acquérir les aides-éducateurs, suffit souvent à rendre
possible l'accès à l'emploi.
.
III - La négociation de programme de formation
Le paiement des actions de formation des aides-éducateurs employés
dans les EPLE sera réalisé par les établissements
mutualisateurs sur la base d'une première dotation de 850 F par
emploi. Cette charge peut dès à présent, dans l'attente
d'une délégation qui aura lieu sur le chapitre 36-72, être
prélevée sur les crédits emplois-jeunes disponibles
dans les établissements.
Il est bien entendu que ces moyens doivent être consacrés
à la formation qualifiante, en vue de l'occupation d'un emploi
stable.
Les droits d'inscription sont pris en charge suivant les modalités
de la compensation boursière.
A - Les partenaires académiques de formation
Les recteurs prendront prioritairement contact avec les IUFM, le CNED
et les universités de leur académie.
Le financement de la formation des aides éducateurs dans les IUFM
et les universités fait l'objet des dispositions ci-après.
Une convention DAF/CNED réglera les modalités de participation
du CNED à la formation des aides-éducateurs. Pour faciliter
l'exécution de cette convention, les recteurs feront connaître
au CNED, dans les délais les plus brefs, leurs prévisions
quant au programme de formation des aides-éducateurs portant sur
les formations inscrites au catalogue.
Les aides éducateurs étant recrutés sous contrat
de droit privé, le financement de leur formation professionnelle
entre dans le champ de compétence des régions (art. 82 de
la loi n° 83-8 du 7 janvier 1983. mod. L. n° 93-1313 du 20 décembre
1993). L'effort de formation propre de l'éducation nationale peut
ainsi recevoir un complément utile. Dans le cas où le conseil
régional vous accorderait un financement, je vous invite à
l'orienter prioritairement vers les formations à bac+ 2 professionnalisées
(services de formation continue des universités, GRETA...).
B - Les conventions de formation
La participation des IUFM et des universités à la formation
des aides-éducateurs peut faire l'objet d'une convention entre
le recteur et l'établissement.
Pour les universités, cette convention pourra notamment :
- actualiser les termes de l'offre formulée en réponse à
l'appel d'offres formation continue ;
- envisager les moyens spécifiques qui peuvent être affectés
à l'université.
- prévoir les conditions dans lesquelles l'université s'engage
à prendre des initiatives spécifiques de prise en chaîne,
telles que mise en place d'horaires aménagés d'enseignement
(et le cas échéant de calendriers particuliers d'examens),
de regroupements pour les étudiants suivant des enseignements à
distance, de création de diplômes professionnalisés
(à bac+ 2 notamment) ou de formations particulières (p.
ex. concours d'entrée dans des écoles professionnelles).
Pour les IUFM, cette convention pourra envisager les moyens spécifiques
qui peuvent leur être affectés. L'une des contreparties aux
moyens nouveaux qui vont être alloués aux IUFM à l'occasion
de la mise en place du programme pour le développement des nouvelles
technologies peut être la mise en place de modalités spécifiques
de préparation des aides-éducateurs aux concours de l'éducation
nationale.
À partir du moment où le recteur a validé le projet
de formation du jeune, l'IUFM prend en charge sa préparation aux
concours, sans lui faire subir d'autre épreuve de sélection.
Je vous informe que les aides-éducateurs inscrits à l'IUFM
ou à l'université seront traités comme des étudiants
inscrits dans une filière professionnalisée, au regard des
normes de répartition des moyens.
Si les établissements prennent en charge leur formation dès
le second semestre 1998, les aides-éducateurs seront considérés
comme inscrits à l'université en 1997-1998 pour le calcul
des dotations ultérieures.
Le mode de calcul qui précède s'applique lorsque l'établissement
met en place des moyens pédagogiques adaptés de prise en
charge des aides-éducateurs (horaires particuliers, regroupements,
diplômes professionnalisés...).
IV - L'imputation de la formation sur le temps de travail
Afin de rendre la réalisation d'un projet de formation possible,
l'EPLE-employeur peut, dans la limite d'une durée moyenne de 200
heures par an :
- prévoir une durée du travail inférieure à
la durée hebdomadaire prévue au contrat ;
- prévoir que certaines parties de l'année, et en priorité
celles qui correspondent aux congés scolaires, ne seront pas travaillées.
La durée de 200 heures par an est une durée moyenne. Cela
signifie qu'il vous est occasionnellement possible d'autoriser une absence
d'une durée un peu supérieure, si la formation d'un aide-éducateur
donné le requiert. À l'inverse, cette durée ne constitue
pas un forfait. Dans chaque académie, les universités, le
CNED ou les IUFM mettront en place, en fonction des besoins, des regroupements
adaptés. Les aides-éducateurs devront respecter les horaires
de ces regroupements ; en cas d'absence injustifiée ou d'abandon
de la formation, l'aide-éducateur pourra être invité
à travailler pendant les plages de temps initialement dégagées.
Dans le cas où les aides-éducateurs sont inscrits au CNED,
le temps libéré pour la formation peut s'étendre
au delà des horaires des regroupements.
V - Le suivi de la formation
L'EPLE-employeur est informé par le recteur de la validation du
projet de formation et de professionnalisation. Le chef d'établissement
peut désigner, au sein de son établissement, une ou des
personnes chargées de conseiller l'aide-éducateur et de
suivre les progrès de sa formation.
L'organisme de formation rend compte au recteur et à l'EPLE-employeur
de l'assiduité de l'aide-éducateur aux enseignements. En
cas d'échec aux examens ou concours, il appartient au recteur,
dans un délai de trois mois, de provoquer un nouvel entretien de
bilan, afin d'envisager une redéfinition du projet de formation
et de professionnalisation.
Pour le ministre de l'éducation nationale, de la recherche
et de la technologie et par délégation.
Le directeur du cabinet
Denis SOUBEYRAN
Pour la ministre déléguée, chargée de l'enseignement
scolaire
et par délégation.
Le directeur du cabinet
Christophe CHANTEPY
|