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Circulaire VIL/CAB du 15 mars 1999 relative
au renforcement du programme
"nouveaux services-emplois jeunes" en faveur des quartiers de
la politique de la ville
La Ministre de l'emploi et de la solidarité
Le Ministre délégué à la ville
à
Madame et Messieurs les Préfets de Région
Mesdames et Messieurs les Préfets de Département
Objet : renforcement du programme "Nouveaux Services-emplois Jeunes"
en faveur des quartiers de la politique de la ville.
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L'accès à l'emploi et le développement de services
à la population constituent deux axes prioritaires de la politique
du gouvernement en faveur des quartiers en difficulté.
Il convient en effet de rappeler quelques données chiffrées
sur le chômage qui frappe plus durement qu'ailleurs les quartiers.
Si le taux de chômage est au niveau national de 11,4%, il est le
double dans les quartiers. Cet écart passe au triple pour les populations
des moins de 25 ans. Or parmi ces jeunes, nombreux sont ceux qui ont un
bon niveau de formation, le désir de s'intégrer dans la
vie professionnelle et n'y parviennent pas.
La prolongation d'une telle situation est d'autant plus intolérable
que notre économie enregistre une croissance de son activité
et une amélioration sensible de la situation de l'emploi.
Les jeunes ne comprennent plus cette situation, leurs parents et les éducateurs
qui travaillent auprès d'eux non plus. Parallèlement, les
besoins en services publics de proximité sont importants dans ces
quartiers.
Le programme "Nouveaux services-Emplois jeunes" constitue dons
une réponse adaptée pour répondre au double objectif
d'amélioration de la situation de l'emploi de ces jeunes et de
renforcement des services collectifs pour les habitants. Aussi, le programme
"Nouveaux services-Emplois jeunes" doit être mobilisé
de façon prioritaire à leur intention.
Des instructions vous ont déjà été données
dans ce sens, mais les premiers résultats obtenus en la matière
exigent un effort soutenu. Tel est l'objet de la présente instruction.
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Les premières mesures statistiques indiquent dans certains départements
des résultats très éloignés de l'objectif de
20% d'embauche de jeunes issus de quartiers, assigné par le Premier
ministre lors du comité interministériel des villes du 30
juin 1998.
L'appréciation de cet objectif doit nécessairement être
corrélée à la situation relative de l'emploi des jeunes
dans les différents départements et bassins d'emploi, ainsi
qu'à l'importance relative des quartiers sensibles dans le contexte
local.
A cet égard, de grandes disparités départementales
et locales peuvent être notées, elles sont loin d'être
toujours liées à ces deux critères.
Ainsi, certains départements très sensibles en la matière
ont atteint des taux proches, voire supérieurs à 30%, quand
d'autres restent très en deçà de 10%. Le nombre de
projets de création de services mis en oeuvre dans les quartiers
connaît des variations de même ampleur.
Il apparaît dons nécessaire de mettre en place une action volontariste
et des dispositions adéquates, afin de parvenir à des résultats
sur l'ensemble des quartiers à la hauteur de l'enjeu qu'il représentent
pour la cohésion de notre société.
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Soutenir l'émergence des projets au sein des quartiers
Il est tout d'abord nécessaire d'engager un effort plus soutenu
pour détecter et accompagner les projets au sein des quartiers
en contrat de ville.
Cette démarche peut prendre des modalités diverses : lancement
de diagnostics-actions territoriaux ciblés sur les quartiers, enquête
auprès des habitants, soutien aux associations et organismes signataires
d'accords-cadre pour développer plus spécifiquement leur
action au sein des quartiers, conventionnement d'un organisme conseil
pour mener une action durable d'aide à l'émergence des projets
sur les quartiers, constitution d'une structure associative d'aide au
repérage et à l'accueil des porteurs de projets, etc....,
Autant de pistes de travail qui peuvent être menées de front.
Ces interventions doivent être conduites en étroite liaison
avec les responsables locaux de la politique de la ville (sous-préfets
à la ville, ou responsables départementaux au sens de la
circulaire du Premier ministre du 31.12.1998, chefs de projet de contras
de ville) et celles des structures qui ont déjà développé
des actions au profit des quartiers (missions locales, régies de
quartiers, boutiques de gestion, comités de bassin, ...). Elles
doivent donner lieu à une mobilisation prioritaire des crédits
d'aide à l'ingénierie des projets, ainsi que des crédits
déconcentrés de la politique de la ville, et peuvent recevoir
l'appui des fonds européens notamment au titre du FSE-DIV. Un ou
des agents de développement ou chargés de mission pourront
être désignés et mandatés auprès des
équipes de maîtrise d'oeuvre urbaine et sociale (MOUS) afin
d'aider à cette mission.
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Faciliter l'accès aux offres d'emploi existantes
S'assurer d'une véritable accessibilité de l'information
sur les offres d'emploi existantes doit constituer un premier axe d'action.
Pour cela, il convient que cette information soit disponible dans les
quartiers eux-mêmes. Les missions locales, les Permanences d'Accueil
d'Information et d'Orientation (PAIO) et les agences locales pour l'emploi
ont un rôle déterminant à jouer à cet égard.
Elles pourront démultiplier au besoin cette information en s'appuyant
sur des structures relais présentes dans les quartiers, comme les
centres sociaux, les maisons des jeunes et de la culture, les maisons
de quartier... Cette information devra être aussi exhaustive que
possible.
Nous insistons également sur le fait que les offres d'emploi générées
par le programme "Nouveaux services-Emplois jeunes", doivent
couvrir l'ensemble des employeurs : associations, collectivités
locales, entreprises publiques ou privées concessionnaires de services
publics mais aussi les établissements scolaires et la police nationale.
Enfin, il est essentiel que les missions locales, les Permanences d'Accueil
d'Information et d'Orientation (PAIO) et les agences locales pour l'emploi,
sur la base du repérage des jeunes des quartiers, renforcent leur
rôle d'intermédiation, pour faciliter l'accès de ces
jeunes aux emplois proposés.
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Mieux impliquer les réseaux de la politique de la ville dans le
développement du programme
Dans bien des cas, il apparaît que la coordination entre les acteurs
en charge de la mise en oeuvre du programme "Nouveaux services-Emplois
jeunes" (comités départementaux, pilotes locaux, agents
des directions départementales du travail, de l'emploi et de la
formation professionnelle et autres membres des équipes locales
d'animation) et ceux de la politique de la ville peut être améliorée.
Il est indispensable à cette fin que les responsables de la politique
de la ville soient mieux impliqués dans les instances de pilotage
du programme. De la même façon, les chefs de projets des
contrats de ville doivent être pleinement associés aux niveaux
départemental ou local au travail d'animation et d'aide à
l'émergence de projets.
Sous l'égide du sous-préfet ville, un pôle de compétences
spécifique devra être constitué, dans les départements
les plus urbanisés, afin d'assurer le maintien de la mobilisation
des acteurs, de veiller à la bonne mise en oeuvre des actions et
leur pérennisation.
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Compte tenu de l'ampleur des objectifs à atteindre et de leur
adéquation avec les finalités de la politique de la ville,
nous vous invitons expressément à examiner les actions de
moyen terme qui pourraient figurer dans la prochaine génération
de contrats de ville.
En particulier les actions de professionnalisation de certains emplois,
préfigurant de nouveaux métiers pour la ville, comme la
question de leur solvabilisation, ont vocation à figurer dans les
axes de négociation avec vos partenaires des prochains contrats
de ville.
Nous vous demandons de vous impliquer personnellement dans la mise en
oeuvre rapide de cette priorité qui doit se traduire par un véritable
programme de travail aux échéances et aux objectifs clairement
établis.
Vous nous rendrez compte des mesures prises pour répondre à
cette priorité lors de la prochaine réunion des sous-préfets
ville et correspondants ville à la délégation interministérielle
à la ville au mois d'avril.
Par ailleurs, nous attendons que le bilan du programme du second trimestre
1999, fasse précisément apparaître les premiers résultats
quantitatifs comme qualitatifs montrant l'évolution du dispositif
en faveur des jeunes des quartiers.
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